Des animaux viennent au chevet de patients en soins palliatifs à Toulouse

Des animaux viennent au chevet de patients en soins palliatifs à Toulouse

«Oh qu’il est beau ! Viens là Gandhi» Pour la deuxième semaine consécutive, ce bichon havanais noir visite cette chambre du service de soins palliatifs de l’hôpital Joseph-Ducuing. Dans son lit, Marie* l’accueille avec douceur et caresses. Elle aussi a eu un caniche, une petite chienne couleur champagne qui volait le goûter de sa fille âgée de quelques années. Ici, on parle animaux, enfants, parcours de vie. Pas de maladie, pas de fin de vie. Depuis six mois, l’association AnimalCâlin promène chiens, chats, lapins et autres tourterelles auprès des dix patients du service qui en font la demande. L’association albigeoise, spécialisée dans la médiation animale, a été contactée par Ingrid Payet, un médecin en soins palliatifs. «Nous avions observé les effets de la visite d’animaux de compagnie chez certains de nos patients, détaille le docteur, nous souhaitions que tout le monde puisse en profiter. Avec les animaux, la communication ne passe pas par la parole mais par l’émotion grâce au toucher, au regard non jugeant.» Et les résultats sont saisissants. Le personnel soignant se souvient de cet homme dans un état comateux qui s’est réveillé et qui a parlé après la visite d’un chat ; de ce monsieur qui souffrait de maladie neurodégénérative et dont la respiration s’est apaisée au contact d’un chien. «J’ai été très touché il y a peu par un homme qui était très renfermé, qui ne communiquait pas avec ses proches, raconte le docteur Ingrid Payet. Les animaux sont passés dans sa chambre, il les a câlinés, embrassés. Quand sa femme est venue le soir, ils ont pu parler de leur histoire, du fait qu’il allait partir. Et il est décédé très peu de temps après.» Pour elle, pas de doute, la médiation animale permet «de libérer une parole, de faire sortir quelque chose de difficile. Elle permet aussi au patient et à son entourage de partager un moment, l’animal devient un objet de discussion. C’est vraiment un moment où il y a de la vie.»
Ce jour-là, dans les couloirs du service, on s’émerveille devant la couleur isabelle de la chatte Missy ; on s’interroge : Hélio la tourterelle a cette fois-ci remplacé le lapin. «Dans notre région rurale, tout le monde a eu ou connu un animal», souligne Dominique Portal, présidente d’AnimalCâlin. Dans la chambre des patients, c’est elle qui mène la rencontre, un animal après l’autre. À son signal, Gandhi le bichon havanais fait des tours sur lui-même et Hélio la tourterelle s’envole. «Le bruit de ses ailes, l’air qu’elle brasse ou son roucoulement sont très appréciés, poursuit la propriétaire des animaux. Elle offre un sentiment de liberté…» Marie en convient, ce n’est pas sa préférée mais affirme : «Je suis bien en compagnie d’animaux, cela me relaxe. La maladie on en parle beaucoup, et quand on en parle, je me sens diminuée. Là, l’équipe nous fait participer, c’est formidable ce qu’elles font. Cela m’a fait du bien au moral, cela me requinque.» Après un peu plus d’une demi-heure, Gandhi, Missy et Hélio quitte la chambre. Derrière eux, ils laissent Marie apaisée, souriante. Vivante.
*Le prénom a été changé

ANIMAUX

Par visite. Tour à tour, sont présents un chien, un chat, un lapin, un cochon d’Inde, une tourterelle. Chacun de ces animaux est présenté au patient en fonction de ses préférences.
« La médiation animale offre un moment où le patient est replacé en tant que personne. Cela apporte apaisement et réconfort. C’est un moment d’émotion, de vie. »
Ingrid Payet, médecin au service soins palliatifs de l’hôpital Joseph-Ducuing

DES DONS
À ce jour, la médiation animale est possible au sein du service de soins palliatifs de l’hôpital Joseph-Ducuing grâce à l’intervention bénévole d’associations. Afin de pérenniser cette activité auprès des patients, le service est à la recherche de fonds. «On comprend que les bénévoles ne puissent pas toujours être disponibles, détaille le Dr Payet. Nous avons lancé un appel à projet auprès de plusieurs associations et nous cherchons des financements. L’objectif est de mettre ensuite en application un projet adapté aux patients hospitalisés en service de soins palliatifs.» contactez le Docteur Payet à ipayet@hjd.asso.fr
Pour plus d’informations sur l’association AnimalCâlin : www.animalcalin.fr

2018-09-25T22:19:38+00:000 Comments